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Mille ans de pèlerinage – Les routes sacrées de l’Europe

Il existe des chemins façonnés par des siècles de pas, des pierres polies par la répétition de l’espérance, des horizons sans cesse redécouverts. Pérégriner en Europe est plus ancien que le tourisme, et pourtant plus actuel que jamais : une manière de voyager avec attention, sens et ouverture du cœur. Notre continent est traversé de sentiers qui relient non seulement des villes, mais aussi des histoires, des croyances et des traditions.

Saint-Jacques-de-Compostelle – Les chemins de l’apôtre (Espagne)

La plus célèbre des routes de pèlerinage d’Europe est sans doute le Camino de Santiago, qui conduit les pèlerins jusqu’à la tombe de l’apôtre Jacques de Zébédée. Le Camino Francés commence dans le village frontalier français de Saint-Jean-Pied-de-Port et franchit les Pyrénées pour entrer en Espagne. Il traverse Pampelune, Burgos et León, sur les plaines silencieuses de la Meseta, jusqu’aux collines verdoyantes de Galice, où l’air se mêle de brume et d’eucalyptus.

Selon les anciens récits, un tombeau fut découvert au IXᵉ siècle après qu’un berger eut aperçu des lumières mystérieuses au-dessus d’un champ. Ce fut reconnu comme le lieu de repos de l’apôtre Jacques le Majeur, que la tradition dit avoir été transporté par ses disciples, après son martyre à Jérusalem, jusqu’aux côtes de Galice. Pendant des siècles, sa sépulture resta cachée, jusqu’à ce que la lumière du Campus Stellae (le “champ de l’étoile”) la révèle à nouveau. Autour du tombeau s’élevèrent une cathédrale, une ville et une route traversant tout un continent.

Aujourd’hui encore, les pèlerins suivent cette voie millénaire, non seulement pour arriver, mais pour être en chemin.
D’autres itinéraires mènent également à Saint-Jacques, tels que le Camino Portugués depuis Lisbonne ou Porto, ou encore le Camino del Norte le long des côtes atlantiques escarpées.

Rome – Sur la Via Francigena, au cœur de l’Église (Italie)

La Via Francigena relie Canterbury en Angleterre à Rome et constitue l’une des plus anciennes routes de pèlerinage d’Europe. Elle traverse la France et la Suisse, franchit les Alpes, longe villages, monastères et voies romaines jusqu’à la Ville Éternelle.

À Rome reposeraient, selon la tradition, les apôtres Pierre et Paul. Tous deux furent exécutés lors des persécutions sous l’empereur Néron : Pierre crucifié sur la colline du Vatican, Paul décapité hors les murs de la ville. Aux lieux de leur martyre s’élèveront plus tard les basiliques de Saint-Pierre et de Saint-Paul-hors-les-Murs.

Parcourir la Via Francigena, c’est traverser le cœur du christianisme européen, mais aussi des paysages empreints d’histoire et de beauté, des cols alpins jusqu’aux collines toscanes. Rome, ici, n’est pas seulement un point d’arrivée : elle incarne la rencontre de siècles de foi, d’art et de culture.

Trondheim – La voie du Nord de Saint Olaf

Le St. Olavsleden est le principal chemin de pèlerinage d’Europe du Nord. Il relie la ville suédoise de Selånger, sur la côte, à Trondheim en Norvège, sur quelque 580 kilomètres de forêts, de lacs et de fjords. Ce sentier suit la route empruntée par le roi Olaf II Haraldsson en 1030, lorsqu’il revint d’exil pour réunifier son royaume.

Ancien guerrier viking, Olaf découvrit le christianisme à l’étranger et fut baptisé. De retour en Norvège, il chercha à unifier le pays sous une seule foi, mais ses réformes et son autorité l’opposèrent aux chefs locaux. Il trouva la mort à la bataille de Stiklestad. Peu après, des miracles auraient eu lieu à son tombeau, et dès l’année suivante, il fut canonisé.

Sur sa sépulture fut édifiée la majestueuse cathédrale de Nidaros, qui resta pendant des siècles le cœur spirituel de la Norvège. Les pèlerins venaient de loin pour honorer le “Roi Saint”, symbole de conversion et de réconciliation entre le Nord païen et le Nord chrétien.

Marcher aujourd’hui sur le St. Olavsleden, c’est revivre ce chemin de lutte et de paix : une route de silence et de simplicité, où la force du paysage est aussi présente que celle de l’homme qui apporta la foi au Nord.

Canterbury – Le chemin de Thomas Becket (Angleterre)

Le Pilgrims’ Way traverse le sud-est de l’Angleterre, de Winchester ou Londres jusqu’à Canterbury. Il suit d’anciennes voies romaines et serpente parmi vergers, collines et villages qui, depuis le Moyen Âge, voient passer les pèlerins.

La destination, la cathédrale de Canterbury, fut au XIIᵉ siècle le théâtre d’un événement qui marqua profondément l’Angleterre. Thomas Becket, archevêque de Canterbury et ancien chancelier du roi Henri II, entra en conflit avec le souverain au sujet des limites entre pouvoir royal et autorité ecclésiastique. Autrefois proche du roi, il choisit finalement de suivre l’Église — et sa conscience.

En 1170, quatre chevaliers, enflammés par une parole du roi, pénétrèrent dans la cathédrale et assassinèrent Becket devant l’autel. Sa mort bouleversa l’Europe. Peu après, il fut vénéré comme martyr, et en 1173, le pape Alexandre III le canonisa. Son tombeau devint l’un des plus importants lieux de pèlerinage de l’Angleterre médiévale.

Aujourd’hui, marcher vers Canterbury, c’est suivre non seulement un itinéraire historique, mais aussi une voie morale : celle d’un homme resté fidèle à sa conviction, jusqu’à la mort. La cathédrale demeure un lieu de silence et de mémoire, où la foi rencontre l’intégrité.

Assise – Sur les pas de François (Italie)

Au cœur de l’Ombrie se trouve Assise, ville natale de François d’Assise (1181–1226), fils d’un riche marchand qui renonça à sa fortune pour vivre dans la pauvreté. Il choisit la simplicité, la paix et la communion avec la nature, trouvant dans cette humilité une foi profonde. Sa manière de vivre et de prêcher mena à la fondation de l’ordre des Franciscains, voué au service et à l’humilité.

Le Cammino di Francesco suit plusieurs itinéraires, souvent depuis Florence ou La Verna, à travers collines, oliveraies et villages médiévaux. Ce chemin reflète la vie même de François : simple, naturel et attentif aux petites choses.

À Assise, il repose dans la basilique qui porte son nom — un lieu où foi, silence et beauté se rejoignent. Pour beaucoup, cette route spirituelle est une invitation à se détacher du superflu et, comme François, à retrouver l’émerveillement du quotidien.

Le Mont-Saint-Michel – Là où le ciel touche la terre (France)

Sur la côte normande, l’abbaye du Mont-Saint-Michel s’élève de la mer, attirant les pèlerins depuis le haut Moyen Âge. Selon la légende, en l’an 708, l’archange Michel apparut à l’évêque Aubert d’Avranches, lui ordonnant d’ériger un sanctuaire sur le rocher. Devant son hésitation, l’ange posa son doigt sur sa tête pour affermir sa volonté — un geste légendaire encore raconté avec respect aujourd’hui.

Michel, combattant du mal et protecteur des justes, devint symbole de force, de vigilance et de protection divine. Autour de son sanctuaire se développa une riche tradition de pèlerinage. Les fidèles traversaient à pied la périlleuse baie, guidés par le rythme des marées, persuadés que le chemin lui-même était un acte de foi.

Aujourd’hui, des sentiers venant de Caen, Avranches ou Saint-Malo mènent à ce mont qui devient île à marée haute. L’abbaye, dont la flèche pointe vers le ciel, demeure l’un des lieux spirituels les plus impressionnants d’Europe — littéralement suspendue entre l’eau et l’air, là où la terre touche le ciel.

Des chemins millénaires

Les routes de pèlerinage d’Europe ne sont pas une invention moderne, mais des traces vieilles de plus d’un millénaire. Elles sont nées à une époque où voyager n’était jamais anodin : partir pour Saint-Jacques, Rome ou Trondheim signifiait des semaines ou des mois d’épreuves — mais aussi de foi, de pénitence et d’espérance.

Le long de ces voies s’élevèrent abbayes, hospices et cités. Elles mirent les cultures en contact et tissèrent un réseau qui unissait l’Europe bien avant les frontières et les nations. Pérégriner, c’était un exercice de confiance — en Dieu, en ses compagnons de route, en le chemin lui-même.

Aujourd’hui, les hommes et les femmes marchent à nouveau sur ces mêmes sentiers, chacun pour sa propre raison. Les pierres sont les mêmes, les paysages ont changé, mais le mouvement demeure. Ce que l’on trouve en chemin appartient à chacun.

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