
Une carte ne montre jamais le monde tel qu’il est. Chaque ligne, chaque centre et chaque vide trahit la manière dont les humains ont interprété leur environnement. La cartographie n’indique pas seulement où se situent les lieux, elle révèle aussi qui regardait, pourquoi et dans quel but. Son histoire est donc aussi une histoire de pouvoir, de savoir et d’imaginaire.

Bien avant l’apparition des pays ou des continents, les humains dessinaient déjà leur environnement immédiat. Les plus anciennes cartes connues datent de la Mésopotamie (vers 2500 av. J.-C.) et furent gravées sur des tablettes d’argile. Elles représentaient des fleuves, des champs et des habitations : des éléments essentiels pour le commerce, l’irrigation et la survie. Ces cartes n’étaient pas « exactes » au sens moderne du terme, mais fonctionnelles. Elles ne visaient pas la précision des distances ou des échelles, mais le sens.
D’autres cultures ont développé leurs propres traditions cartographiques. En Chine, les cartes furent très tôt utilisées à des fins administratives et militaires, tandis que les navigateurs polynésiens parcouraient d’immenses distances océaniques à l’aide de cartes faites de bâtons et de coquillages — des cartes que l’on ne lisait pas seulement avec les yeux, mais avec l’expérience.

Les Grecs ont provoqué une véritable révolution en appliquant les mathématiques et l’astronomie à la cartographie. Pour la première fois, le monde fut envisagé comme quelque chose de mesurable. Au IIIᵉ siècle av. J.-C.,Ératosthène calcula avec une étonnante précision la circonférence de la Terre. Des siècles plus tard, Claude Ptolémée rassembla les connaissances géographiques de son temps dans sa Géographie, en y introduisant notamment un système de coordonnées. L’idée que chaque lieu possède une position fixe allait devenir le fondement de toute cartographie ultérieure.

Les cartes médiévales, telles que les célèbres mappae mundi, étaient moins conçues pour la navigation que pour la symbolique. Jérusalem y occupait souvent le centre, l’est se trouvait en haut. Ces cartes ne racontaient pas une histoire de distances, mais de foi, de pouvoir et de morale. Elles montrent à quel point la cartographie est toujours imprégnée de culture et de contexte historique.
Parallèlement, dans le monde islamique, la cartographie connut un important raffinement. Des savants comme Al-Idrisi combinèrent les connaissances de marchands et de voyageurs pour créer des cartes du monde remarquablement précises, utilisées pendant des siècles.![]()
À partir du XVᵉ siècle, tout changea. Les navigateurs européens partirent à la découverte du monde, et les cartes devinrent soudain des outils stratégiques. Les cartes portulans, avec leurs côtes détaillées et leurs réseaux de lignes de rhumb, rendirent possibles les longs voyages en mer. En 1569, Gérard Mercator introduisit sa célèbre projection, introduisit sa célèbre projection, qui facilitait la navigation à cap constant — une bénédiction pour les marins, mais au prix de déformations que nous connaissons encore aujourd’hui.
Les cartes fixaient des frontières, légitimaient des revendications et posaient les bases de l’expansion coloniale. Celui qui dessinait la carte contrôlait souvent aussi le récit.
Aux XIXᵉ et XXᵉ siècles, la cartographie devint de plus en plus scientifique. Les mesures altimétriques, la photographie aérienne puis les satellites apportèrent une précision sans précédent. Aujourd’hui, nous vivons à l’ère des cartes numériques, du GPS et des systèmes d’information géographique. En un simple geste sur un écran, nous savons où nous sommes et où nous allons.
La cartographie évolue sans cesse, mais ne disparaît jamais. Chaque époque dessine le monde tel qu’elle le comprend : à l’aide de mythes, d’instruments de mesure ou de satellites. Les cartes ne montrent donc pas seulement où nous sommes, mais aussi la manière dont nous regardons le monde. Et tant que les humains continueront à voyager, par nécessité ou par curiosité, ils continueront à redessiner la Terre.
Lundi
Mardi
Mercredi
Jeudi
Vendredi
Samedi
Dimanche
11:00 - 18:00
11:00 - 18:00
11:00 - 18:00
11:00 - 18:00
11:00 - 18:00
10:00 - 18:00
Fermé
Anticyclone des Açores
104 Bondgenotenlaan
3000 Louvain
Anticyclone des Açores
104 Bondgenotenlaan
3000 Louvain
Lundi
Mardi
Mercredi
Jeudi
Vendredi
Samedi
Dimanche
11:00 - 18:00
11:00 - 18:00
11:00 - 18:00
11:00 - 18:00
11:00 - 18:00
10:00 - 18:00
Fermé
